Les jetons de bal

Dans les bals, le « donneur de cachets » passait de table en table pour délivrer contre paiement le droit de participer à la danse. Les danseurs avaient aussi la possibilité d’acheter un cachet (ou jeton) d’abonnement les dispensant de régler chaque danse.

Le paiement à la danse est un usage ancien. On en trouve trace tout au long du 19ème siècle. L’ordonnance préfectorale du 31 mai 1833 le rappelle expressément lorsqu’elle évoque le paiement sous forme de cachets .

Divers jetons portant la mention « bon pour une contredanse »  ou « abonnement » ) attestent l’existence de ces pratiques au 19ème siècle.
Durant la période 1900-1940, le paiement à la danse a été appliqué dans les bals musette qui foisonnaient à cette époque. La contredanse étant alors passée de mode, les nombreux jetons témoins de ce procédé portent l’inscription « bon pour une danse ».

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Le bal de l’Hermite dans les années 1900 à Maisons-Alfort

Dans ces bals, l’entrée était gratuite et les consommations à un prix raisonnable. A chaque danse, les musiciens commençaient à jouer puis s’interrompaient pour permettre au patron de réclamer aux couples le paiement : « Passons la monnaie, passons la monnaie! ». Aussitôt, les danseurs sortaient de leur poche les jetons qu’ils s’étaient préalablement procurés à la caisse. Leurs cavalières ne payaient pas. L’encaissement terminé, le patron invitait les musiciens à reprendre : « Envoyez la musique! » ou « Allez, roulez!». Parfois, il prenait la précaution de tendre une corde autour de la piste pour décourager les resquilleurs. Et toutes ces opérations se renouvelaient à chaque danse.
Cette pratique laissait aux clients une grande liberté. Si l’ambiance du bal ne leur convenait pas, ils pouvaient en partir sans regret. Dans les quartiers où les établissements étaient nombreux, les danseurs ne se privaient pas de circuler de l’un à l’autre. On comprend alors que les tenanciers de bals aient fait frapper des jetons de formes très variées afin de les reconnaître, au simple toucher, lors du ramassage.

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Figurent également dans ce catalogue des jetons avec valeur faciale. Ils ont sans doute servi à régler les consommations dans les cafés, brasseries ou restaurants qui abritaient les bals. Toutefois, lorsque leur valeur correspondait au prix d’une danse (10 à 30 c selon l’époque et le lieu), ils ont pu être utilisés pour accéder à la piste. Du reste, quelques pièces comportent à la fois une valeur faciale et la mention «Bon pour une danse»
Certains jetons étaient donnés contre paiement à l’entrée du bal et acceptés ensuite, à l’intérieur de l’établissement, en règlement des consommations .
Dans ce catalogue quelques jetons ayant un caractère purement publicitaire.

L’ajcm a publié en 2006 un livre-catalogue passionnant de ce type de jetons réalisé par lucien Lariche.

Il est en vente sur ce site.