Un siècle de coopératives de consommation (1840-1940)

les coopératives ne sont ni des organismes à caractère politique, ni des organismes à caractère professionnel. Leur raison d’être est purement économique. Elles sont avant tout des groupements de consommateurs communément appelés  » Coopératives de Consommation ».

Du point de vue juridique, ce sont des sociétés anonymes régies par les lois du 24 Juillet I 867 et du I er Août 1893. Elles portent des noms évoquant le travail et la solidarité entre les travailleurs : l’Union, l’A-beille, la Ruche, la Laborieuse, l’Ouvrière, la Solidarité, la Famille, l’Egalitaire, la Fraternelle, la Fourmi, l’Es-pérance, l’Avenir etc. Tous des noms devenus familiers aux collectionneurs de jetons-monnaie.

Ce sont des sociétés à personnel et capital variables. Pour être coopérateur il suffit de verser tout ou partie du montant d’une action. La valeur de l’action ne monte jamais. Le coopérateur est à la fois actionnaire et client et tout ou partie des bénéfices sont répartis entre les coopérateurs. Dans certaines coopératives, notamment dans les coopératives socialistes, une partie des bénéfices peut être consacrée à des œuvres collectives de solidarité, de politique, d’éducation, d’émancipation etc.

Parmi les coopératives les plus populaires, parce que concernant l’aliment de base de la société, figure les coopératives de boulangerie. Ce sont également celles qui sont les mieux connues des numismates grâce au nombre important de jetons qu’elles ont utilisés .

Les statuts de ces coopératives ont en effet un article indiquant que  » les bénéfices provenant de la vente du pain sont remis au sociétaire en nature, au moyen de jetons de pain de la société; les autres bénéfices seront remis en espèces « . Cette remise de bénéfices se faisait en principe tous les 6 mois.

Le  » Manuel du Coopérateur Socialiste « , édition de 1910, donne quelques précisions sur le système de vente du pain: Le pain ne peut être payé qu’avec des jetons mis en vente à un guichet de la coopérative. Pour

10 francs l’employé remettra 20 jetons d’achat, représentant 20 pains de 3 livres, puis 20 autres jetons d’une forme différente (3) qui représenteront au bout du semestre, au moment de la répartition des bénéfices, les 20 pains achetés. Le sociétaire reçoit donc tous les 6 mois sa part des bénéfices en fonction de ses achats de pain durant cette même période. S’il a acheté 100 F. de pain et qu’on lui remet 10 F. sur la part des bénéfices, on dit que le taux de partage est de 10%. Les taux de partage sont naturellement variables, plus nombreux sont les coopérateurs, plus faibles sont en proportion les frais généraux est plus élevé est le taux de partage.

La coopération est née à Lyon en I 828, mais ce n’est que dans la seconde moitié de ce siècle et plus particulièrement après l’avénement de la Troisième République en I 87 I qu’elle prend son véritable essor.

Historique de la Coopération

En 1828 à Lyon, à l’aube de la révolution économique du XlXè siècle, des chefs d’ateliers de soieries fondaient la société du  » Devoir Mutuel « , origine de la puissante association des  » Mutuellistes  » qui dirigea l’insurrection républicaine de Lyon en I 834. Quand tout fut rentré dans l’ordre, la société, sous l’impulsion du tisseur Joseph Reynier créa une épicerie coopérative en 1835 avec répartition du quart des bénéfices au prorata des achats.

La révolution de 1848 provoqua la création et le développement rapide d’associations ouvrières de production et de consommation dont la plupart ne survivront pas le coup d’état du 2 décembre 1851 de Louis-Napoléon Bonaparte.

Ce sera le cas de la  » Société des Travailleurs Unis de Lyon « , née en I 849, qui après deux ans de fonctionnement possédait déjà, un magasin de gros, sept épiceries, une boulangerie, deux boucheries, deux magasins de charbon, un entrepôt de vin, une pâtisserie et une fabrique de chocolat !

La Société des Travailleurs de Lyon à utilisé une importante série de 10 jetons (El S65.1 à S65.10) dont les valeurs s’échelonnent de 5 centimes à 50 francs (valeur importante pour l’époque)

Tous les jetons sont uni faces, d’un diamètre de 23.5 mm. La valeur ainsi qu’une petite étoile à 5 branches surmontée d’une couronne sont contre-marquées au centre.

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Elle vendait au comptant mais au-dessous du prix du commerce. Malgré cela elle réalisait des bénéfices qui étaient en totalité attribués à des oeuvres d’éducation et de solidarité. Durant sa courte existence elle réussit à mettre debout deux écoles primaires et une caisse des invalides du travail.

Dès le coup d’état du 2 décembre 1851, le Général Castellane ordonna la dissolution et la liquidation de toutes les sociétés ouvrières dites  » fraternelles « , l’autorité les suspectant d’être des foyers de républicanisme et de révolution.

de 1851 à 1871:

La coopération étouffée en 1851 resta silencieuse pendant une dizaine d’années jusqu’en I 863 où les associations ouvrières, maudites depuis I 848, furent remplacées par les  » Sociétés Coopératives

Cette reprise de la coopération fut la conséquence du grand élan économique et industriel de l’époque: construction de chemins de fer, constitution de grandes compagnies, grands travaux de Paris et de Province, développement considérable des industries minières, métallurgiques et textiles, du bâtiment etc, provoquant une agglomération de masses ouvrières dans les usines ou sur les chantiers;

La loi du 24 juillet 1867 sur les sociétés anonymes servit de base juridique à toutes les coopératives françaises.

La majorité des coopératives de consommation existant en 1871 étaient nées sous le Second Empire entre I 866 et I 870. On en dénombrait environ 120 en I 869 pour la France et l’Algérie.

Durant cette période la plupart des coopératives de consommation créées étaient des coopératives de boulangerie et d’épicerie. Au 1er Janvier 1910 on en comptait encore 85 qui existaient déjà en 1871 comme l’Avenir Social de Saint-Denis créé en 1870.

Il existait également un certain nombre de coopératives grâce à des grands patronages industriels. Ces dernières étaient en fait des économats plus ou moins déguisés, telles les coopératives des Usines de Chauny, des Employés de la Compagnie de l’Est à Mohon (créée en 1866), des Employés de la Compagnie d’Orléans à Périgueux etc.

de 1871 à 1880:

Jusqu’en 1880 la coopération végéta. Parmi les nombreuses sociétés existant en 1913 on n’en comptait que 7 5 originaires de la période 1872-1879.

La Solidarité de Roanne née en 1872 (2400 membres en 1910) et l’Union des Travailleurs de Saint-Etienne née en 1876 (3600 membres en 1910) datent de cette époque .

A Paris sont créées, en 1873 l’Avenir de Plaisance, en 1876 l’Egalitaire (4) et en 1877, la Bellevilloise (5).

La poussée des années 1880

C’est l’explosion des coopératives de panification. Parmi les coopératives créées à cette époque certaines, dont les noms nous sont familiers, sont devenues importantes (6):

Année 1910 Nb. de sociétaires Chiffre d’affaires
la Ruche Berruyère de Bourges (1880) 1150 500.000 F
la Renaissance de Firminy (1881) 1250 550.000 F
la Providence de Terrenoire (St. Etienne – 1884) 2100 400.000 F
la Fraternelle de Cherbourg (1880) 4500 2.000.000 F

Une mention spéciale pour La Paix de Roubaix (1885)parce qu’elle a été la première en date des coopératives socialistes dans le nord de la France .
La première année elle ne faisait que le charbon. L’année suivante elle entreprit la boulangerie. Le succès fut tel qu’en 1887 elle inaugura de nouveaux locaux et en 1891
elle se fit construire un grand immeuble. Il y avait alors 1000 sociétaires qui seront 2000 en 1893 et 5000 en,1898.

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50, pain, carré coins arr. crantés, troué, 28 mm (El. 70.6)

 

C’est aussi durant les années 80 qu’apparaissent en Belgique deux coopératives socialistes parmi les plus célèbres : le Vooruit de Gand ( 1880) et la Maison du Peuple de Bruxelles ( 188 I ).

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10, aluminium, rond, 23 mm I F, laiton, rond, troué, 23 mm

 

Elles furent les deux premières coopératives socialistes du monde, elles ont servi d’exemples et de modèles à la coopération socialiste en Belgique et dans le nord de la France, en particulier à  » La Paix  » de Roubaix, ci- dessus mentionnée.

Durant cette même période les différents réseaux de chemin de fer avaient créé des coopératives, pour leurs agents et employés, dans les principales villes desservies.
Les nombreux jetons utilisés dans les  » Coopératives des Employés des Chemins de Fer de l’Est  » en sont les témoins.

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1f laiton octogonal 23 mm avec mention bar le duc au bas de la pièce                                                0,10 c, laiton, rond 25 mm (El. 60.2) avec mention « épinal » au bas de la pièce

Nouvelle poussée coopérative à partir de 1890.
Parmi les créations du début de cette période citons :
la Solidarité Sottevillaise en 1890
la coopérative du Familistère de Guise (7) en 1891 qui comprenait en 1910 2000 sociétaires et faisait 850.000 F. de chiffre d’affaires
• l’Union d’Amiens créée en 1892 par les syndicats

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I kg, ma. rd. ,fest., 23 mm, (El 10.1)                  1 00 (c), laiton, rond, 23 mm (El 20.8)                                                                  0,5 kg, zinc, rd., un if., 21 mm (El 95.1 )

Quelques chiffres montrent le développement rapide des coopératives. Il y avait :
1221 coopératives en 1891
1351 coopératives en 1897
1597 coopératives en 1901
2344 coopératives en 1907
3054 coopératives en 1912, avec 8 16.000 sociétaires
Parmi ces 3054 coopératives figurent des économats qui n’étaient pas à proprement parlé des coopératives de consommation puisqu’ils furent créés dans les entreprises par le patronat pour procurer aux ouvriers des marchandises à bon compte. Leur gestion était assurée par lepatron et ses collaborateurs. Ce système d’économat allant à l’encontre
des principes de coopération, une loi en 1900 les supprimèrent, à l’exception de ceux des chemins de fer. La loi ne fut pas strictement appliquée.
D’anciens économats prirent le nom de coopérative, d’autres conservèrent tout simplement leur nom, tel l’Economat des Verreries de Tourouvre( Orne) où les salaires étaient payés, en partie, en jetons de l’économat.

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I F, zinc nickelé, rond, 21 mm (El 10.4)

En 1912 les coopératives étaient devenues trop nombreuses. En effet sur ces 3.054 coopératives une vingtaine d’entre elles seulement faisaient plus de 1.000.000 F. de chiffre d’affaires par an.
La moyenne est faible :
300 membres par coopérative.
moins de 100.000 F. d’affaires par an.
moins de 350 F. d’achats annuels par coopérateur.

Ce phénomène était dû en grande partie au développement des maisons de commerce de type capita­liste, les grands magasins ( Bon Marché, Louvre etc.), mais aussi à certains magasins d’alimentation qui ont pris des proportions colossales pour l’époque et drainent le commerce ( Potin, Damoy etc.)

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5 (c), laiton, carré c.c, 21 mm (El B340.1 )                        IF, aluminium, rond troué,octogonal, 32 mm (El D 10.4)
Ces deux jetons ont l’avers et le revers identiques
Une restructuration devint nécessaire et la concentration des coopératives par fusion débuta lentement en 1913.
Les Coopératives militaires, coopératives à caractère un peu spécial, ne figurent pas dans les statisti­ques. Leur création date du début du siècle. Elle fut le fait d’officiers républicains socialisants qui, dans cer­tains régiments, se firent les propagateurs de coopératives de consommation pour remplacer les cantiniers. L’essor fut extrêmement rapide mais le succès éphémère.

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SVI, aluminium, rond, 35 mm                                                                                                       5 0 (c), laiton, rond, unif., 31 mm (El 15.3)
impression en creux
Les cantiniers ainsi éliminés réagirent vigoureusement auprès du gouvernement. Beaucoup de coopéra­tives disparurent et il en restait peu au début de la guerre en Septembre 1914.
Les coopératives pendant la guerre 1914-1918
La guerre qui éclate en Septembre 1914 va perturber, du moins provisoirement, le bon fonctionnement et le développement des coopératives. A cette date il y avait encore près de 3.000 coopératives et un peu plus de 800.000 coopérateurs. Très rapidement 600 (20%) de ces coopératives représentant 240.000 coopérateurs (30%) se retrouvèrent en zone envahie.
Dans le reste du pays la situation était tout aussi critique. Les coopératives furent désorganisées dès les premiers jours de la guerre. Les administrateurs étant presque tous mobilisés.
De plus elles durent faire face à un double danger :
l’affolement des consommateurs qui se ruèrent sur les magasins pour faire des stocks de tout ce qui pouvait se conserver
la foule des déposants qui voulaient retirer leur argent.

Il fut vite paré à ce deuxième danger par un moratorium du gouvernement qui permit aux banques de ne pas rembourser les dépôts. A la crise de la ruée pour les achats en succéda bientôt une autre inverse, la diminution et parfois la quasi cessation de tout achat. En effet après la mobilisation les femmes ne touchaient pas encore à ce moment les allocations aux familles des mobilisés et l’argent manquait à la maison.Pour mieux faire face à cette situation, diverses coopératives parisiennes se regroupèrent en une  » Union des Coopératives  » qui se transforma en 1918 en une société uniquesous le nom de  » Union des Coopérateurs « .

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50 c zinc carré 25 mm el paris u 25.2

Pendant la guerre, afin d’assurer le ravitaillement d’une soudaine surpopulation ouvrière, de nombreuses coopératives furent créées dans les usines d’armement du gouvernement et dansnles sociétés travaillant pour l’industrie de guerre. Il y eut aussi, en même temps, création d’une quantité importante de restaurants coopératifs afin d’assurer les repas des nombreuses personnes déplacées, vivant en célibataires et regroupées dans ou aux alentours de ces usines privées et gouvernementales. Il y eut ainsi 120 restaurants coopératifs et plus de 800 magasins coopératifs de créés à cet effet pendant la guerre I 9 14-1 9 I 8.

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5 0 c, aluminium, rond lobé, 25 mm (El 25.5) à cet effet pendant la guerre I 9 14-1 9 I 8.
R.C.A: Restaurant Coopératif Angoumois

Les coopératives militaires connurent un renouveau dès 1915 pour lutter contre l’élévation exagérée des prix du commerce local en procurant au soldat, dans les meilleurs conditions de prix, ce qu’il pouvait avoir à acheter tout en faisant un bénéfice (c’est d’ailleurs en cela qu’elles différaient des coopératives de consommation où le bénéfice était banni). Ce bénéfice sera versé au boni des ordinaires de telle sorte que le soldat privé de ressources trouvera son ordinaire amélioré par les bénéfices qu’aura réalisé la coopérative sur ses camarades plus fortunés. Ces coopératives se généralisèrent à partir de 1916.

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10 c, 1916, cuivre, rond, 24 mm (El 30.1)

Le développement des coopératives militaires eut un effet bénéfique sur les problèmes de transport de l’époque. Dès le début de la guerre des millions de colis étaient envoyés au front par les familles des mobilisés. A partir du moment où les coopératives militaires ont fonctionné la majorité des soldats n’avaient plus besoin de colis au grand soulagement des compagnies de chemin de fer. Ils ne réclamaient à leur famille que de l’argent pour payer les achats à la coopérative.
Le Grand Quartier Général des Armées s’appliqua à favoriser le développement des coopératives, à mettre un peu d’ordre dans leurs achats et à les doter d’organes centraux afin de faciliter leur ravitaillement méthodique. En conséquence il fut constitué dans chaque armée, un magasin central acheteur en gros pour toutes les coopératives dont il devint peu à peu le seul fournisseur. Il en résulta que les coopératives divisionnaires pouvaient fournir aux  » ordinaires  » des produits à un prix très inférieur à celui pratiqué par les commerçants dans le civil.

Certaines coopératives militaires ont continué à fonctionner un certain temps après la guerre. Elles étaient réservées en principe aux ex-militaires et leur famille. Telle la Coopérative Militaire de Perpignan qui n’a été dissoute qu’en 1921.

 

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25 c, aluminium, octogonale, 21 mm (El 90.3)

 

Les coopératives après la guerre 1914-1918.
A la fin de la guerre, en 191 8, il fallut aider à la reconstitution des coopératives situées dans les terri­toires envahis et ravagés par la guerre. Le gouvernement vota 100.000.000 F. de crédits à répartir entre les départements concernés, à charge pour la plus importante des coopératives de chacun de ces départe­ments de répartir la somme allouée aux différentes coopératives en fonction de leurs besoins. Cette organi­sation eut une conséquence heureuse, la concentration, car ces sociétés coopératives centrales se sont plus tard transformées en coopératives régionales par absorbtion des sociétés locales qui devinrent de simples succursales.
Ainsi l’Union d’Amiens devint une des coopératives les plus importantes de France. Avant la guerre elle avait 5.000 membres et faisait 1.800.000 F de chiffre d’affaires. En 1927 elle réunissait 55.000 membres et faisait 68.000.000 F de chiffre d’affaires. Elle avait I I I succursales dans la région.

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5 F, laiton, rond, unif., 36 mm, (El 70;6)
A partir de 191 8, de nombreuses coopératives sont nées du mouvement qui, pendant et immédiate­ment après la guerre, a porté aux nues la coopération et en a fait une institution vraiment nationale.
Parmi ces nouvelles coopératives:-l’ Union Coopérative de Lorraine , créée immédiatement après la guerre, devenue la première so­ciété de France. En 1927 elle avait 75.000 coopérateurs, faisait 152.000.000 F de ventes et avait ouvert 415 magasins.
– l’Union des Coopérateurs de la Marne (U.C.M.), créée en 1918, dont le siège était à Chaumont.

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5 0 c, laiton, carré, 22 mm, (El 10.3 )

Beaucoup d’autres, bien qu’ayant un rayon d’action limité, se sont considérablement développées aux alentours de leur point d’implantation.
Je citerai comme exemple une coopérative bien connue des collectionneurs, la  » Société Coopérative de Thaon-les-Vosges  » qui existait depuis 1909.

 

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I 0 c, aluminium, rond lobé, 21.5 mm, (El 25.2)                I kg500, aluminium, rond lobé, 25 mm (El 20.3)

En 1933 elle agrandit son activité avec la boucherie, possédant alors 10 magasins à Thaon et 3 dans les villages voisins.

 

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5 F, aluminium, carré coins coupés, troue, 34 mm (El 30.6)

 

En 1940 elle desservait 8 villages et la société prit le nom de  » La Thaonnaise

 

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2/200 F, cuivre nickelé, carré coins coupés, 40 mm (El 35.3)

 

 

Cet énorme jeton de  » La Thaonnaise  » est évidemment postérieur à 1940, ce qui explique sa forte va­leur faciale. Il a été contremarqué, pour une raison qui nous est encore inconnue en 1951. En 1960, date de passage aux nouveaux francs, les deux zéros de la valeur faciale ont été barrés horizontalement pour en faire un jeton de 2 F.
En 1976 la Thaonnaise a fusionné avec les  » Coopérateurs Lorrains « .
Bibliographie:
I • Manuel du Coopérateur Socialiste, Maurice Lauzel, Paris, 1913
2- Almanach de la Confédération Coopérative, Paris, 1912
3- Encyclopédie Socialiste et Coopérative de l’internationale ouvrière. Quillet éditeur, Paris, 1913
4- L’Etat acheteur et vendeur. L’Illustration, n° 3962 du 8 février 1919, pp 161 et 162
5- Les Coopératives Françaises durant la guerre, Ch. Gide, Paris 1926
6- Annuaire Général des Sociétés Coopératives de France et des Colonies, Paris 1929

 

 

 

 

 

 

 

(1) Il ne pouvait être question dans le présent article de citer les centaines de différents jetons concernant ces coopératives. Nous nous sommes limités à présenter une sélection pour illustrer nos propos.

(3) jetons primes pouvant mentionner: BENEFICE 1, PARTAGE 1, BON PRIME…. mais aussi indiquer ce qui avait été acheté, PAIN GRUAU, 1 SAC DE CHARBON, 1PAIN, 2KGS. Ces jetons étaient échangés régulièrement contre des multiples: 10 BONS PRIMES, 25 PAINS, 100KGS…. qui permettaient l’obtention de la ristourne.